Compulsion de répétition et représentations filmiques. Analyse la compulsion de répétition du traumatisme du massacre de Gwangju dans le cinéma sud-coréen, de "A Petal" à la reconstruction d'une histoire.
En 1996, le cinéaste sud-coréen Jang Sun-woo s’empare pour la première fois du massacre de Gwangju, un événement tabou qu’il met en scène comme un traumatisme historique dans A Petal. Passant par le biais d’un personnage allégorique d’une Corée victime de son gouvernement dictatorial, le film entraîne une compulsion de répétition – ou répétition à vide du trauma – intra et extra-diégétique. À l’instar de la protagoniste de ce film originel, les œuvres qui s’emparent ensuite de l’événement ne cessent de répéter le traumatisme à travers les trajectoires de leurs personnages, mais également par le biais de formes obsessionnelles réitérées. Toutefois, ces redondances s’apparentent à la voie d’une cure permettant, par dialectique d’imaginaires proposés chronologiquement sur une quarantaine d’années, de (re)construire une histoire plus glorieuse à partir du trauma – un soulèvement au lieu d’un massacre.
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